Présentation du site
Chignin est une commune de la Cluse de Chambéry, située à l’extrémité sud du massif des Bauges, et au sud-est de Chambéry. Sa topographie est marquée par le roc de Tormery sur lequel elle est adossée. Elle comprend une zone de montagne, des coteaux viticoles, et un replat ou s’est implanté le bâti du chef-lieu. Chignin est traversée par la route départementale D1006, et contournée par l’autoroute A43 au sud-ouest. Une ligne ferroviaire la coupe également le long de la RD 1006. Cette photo est prise depuis le bas du village, à 10km au sud de Chambéry. Le site fait partie des ensembles paysagers remarquables du plan de Parc.
Mots clés
Analyse paysagère
Quels sont les éléments principaux de ce paysage ?
Le cliché, pris depuis la route (D22b), montre le vignoble s'étendant sur les coteaux, ponctué de patrimoine historique (chapelle et tours), d’habitations et de végétation dispersée.
Que représentent ces clichés d’hier et d’aujourd’hui ?
1900, cliché d’archive
Au premier plan de l’archive se devinent des cultures et prairies agricoles (1). Derrière elles, un alignement d’arbres (2) longe une route ou un chemin, sur toute la largeur de la photographie. Sur la gauche se tient la chapelle Notre Dame de l’Assomption (3), édifiée en 1857.
Au second plan les coteaux sont consacrés à l’agriculture et à la viticulture (4). Sur les hauteurs se dressent les remarquables tours médiévales de Chignin : le clos Saint-Anthelme (5), avec son mur d’enceinte et ses tourelles, la tour des Archers (appelée également tour La Place) (6) et la tour de Boichère (7). La faible présence de végétation, de constructions et la rareté des haies (8) donnent au paysage un caractère ouvert, laissant largement apparaître les parcelles cultivées.
À l’arrière-plan se distingue le Montgelas.
2026, reconduction
Au premier plan la route donne sur un carrefour intersection routière avec la D1006, guidée par de la signalisation. Sur la droite, un peuplier (2) est le premier d’une série séparant la D22 et la D1006 et se prolongeant jusqu’à la jonction de ces deux routes au sud. Cet alignement est situé au même emplacement que sur l’archive, cependant l’espèce ne semble pas la même. Sur la gauche, se dresse la chapelle Notre Dame de l’Assomption (3) en cours de rénovation, ainsi qu’une entreprise dont la clôture est visible le long de la route (9), bordée de plots en béton.
Au second plan les coteaux sont essentiellement viticoles (4) et sont parsemés de quelques habitations construites à la fin du XXe siècle et de leurs jardins d’agrément, et de cordons boisés (8).
A l’arrière-plan se retrouve le Montgelas.
Que nous apprennent ces clichés sur l’évolution des paysages ?
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> Evolution des pratiques viticoles et de l’organisation parcellaire > Evolution de l’occupation des sols > Restauration et valorisation du patrimoine bâti > Attractivité des paysages ruraux et remarquables, cohabitation entre activités, agriculture et habitat |
La reconduction photographique montre une stabilité du bâti patrimonial, avec le maintien des tours, de la chapelle et des anciennes habitations. En revanche, de nouvelles constructions se sont implantées à flanc de coteau, traduisant une extension récente de l'habitat. Seule une petite construction située à droite de la chapelle a disparu.
Les tours anciennes présentent aujourd'hui un état de dégradation plus marqué qu'au moment de la prise de vue initiale. L'occupation agricole a également évolué : les cultures sont désormais majoritairement consacrées à la vigne, tandis que la végétation s'est développée sur certaines anciennes parcelles cultivées ainsi qu'aux abords des nouvelles habitations. Des arbres, dont des cyprès, ont été plantés autour de la chapelle. Des vergers et potagers privés sont également apparus en accompagnement des habitations.
Le développement d’activités et des axes routiers témoigne de la l’attractivité de la combe de Savoie, notamment due à la proximité de Chambéry.
Et demain, à quoi ressembleront ces paysages ?
Les facteurs d’influence sur ce secteur paysager :
- Changements climatiques et adaptations des pratiques agricoles
- Urbanisation et besoin de circulation autour des grandes villes (Ville porte de Chambéry)
- Pression foncière (disponibilité, coût) et étalement des bassins de vie vers les espaces ruraux et qualitatifs
Evolutions possibles du paysage :
- Fusionnement des routes
- Dégradation ou restauration du patrimoine ancien (tours)
- Evolution de la végétation et des pratiques agricoles
- Urbanisation
PRÉCONISATIONS DU PARC
La charte du Parc intègre des objectifs de qualité paysagère par secteur et des orientations pour le territoire qui sont traduites sur le plan de Parc :
Objectifs de qualité paysagère sectoriels concernant la cluse de Chambéry
• Trouver des limites durables, voire intangibles à l’urbanisation sur les piémonts, [...] pour préserver la qualité de ces panneaux paysagers en premier plan des agglomérations de Chambéry et d’Aix-les-Bains
• Limiter fortement l’étalement urbain pour maintenir des espaces agricoles productifs et ouverts, maintenir, voire renforcer les haies et bosquets, prêter une attention particulière à la qualité architecturale des franges bâties des villages et hameaux
• Reconsidérer le rôle du paysage pavillonnaire, un habitat individuel qui s’inscrit dans une responsabilité paysagère collective : gestion de la densification, division parcellaire, perméabilité écologique
• Donner plus de place au végétal dans les espaces publics et privés sur ce secteur de transition urbain-rural
• Éviter l’implantation de zones d’activités qui ne sont pas en adéquation avec le caractère rural
Autres préconisations pour la commune :
Corridors écologiques
- Assurer la continuité écologique des corridors et des trames
Paysage
- Préserver les paysages dans les cônes de vue depuis les routes remarquables
- Préserver, gérer et améliorer la qualité des ensembles paysagers remarquables
Site et monument historique classé
- Préserver le patrimoine bâti diffus et des quartiers historiques identifies comme remarquables à l'inventaire du patrimoine bâti du Parc
Agriculture
- Préserver durablement de toute urbanisation, gérer et améliorer la qualité des espaces agricoles